Nous sommes en 2018 après Jésus-Christ. Toute la Capitale des Gaules est occupée par les coffee shops… Toute ? Non ! Car d’irréductibles PMU résistent encore et toujours à l’envahisseur…

Aujourd’hui, chers lecteurs nous allons aborder un sujet beaucoup plus grave que le prochain lieu de débauche où dépenser vos maigres économies. Cela fait maintenant plusieurs mois que ce problème nous tracasse au sein de l’équipe CityCrunch et il est grand temps d’aborder sans tabou ce fléau des années 2010.

Regardez, ils sont là, dans les arrondissements, près de chez vous, ils sont sur les réseaux sociaux !  Les Coffee shops…

Au début, on trouvait ça mignon. C’était même limite attendrissant ! De jolis cafés bien décorés qui donnent envie de jouer à la dinette entre adultes… Qui ne succomberait pas ? Pas nous en tous cas !

Mais les coffee shops sont comme les lapins, tellement doux et désarmants qu’on en adopte un ou deux sans penser un instant qu’ils vont se reproduire (comme des lapins, donc ! ). Et au moment où on se rend compte de son erreur, IL EST TROP TARD !

Impossible de s’en débarrasser (qui aurait le courage de tuer un joli lapin ou de faire fermer un beau coffee shop…). Certes le lapin, c’est très bon en civet mais avec tous les végans qui rodent dans le secteur personne n’envisage cette solution radicale…

Lyon, comme toutes les grandes villes d’Europe, est contaminée. Certains coins de la ville sont même gravement atteints. Les Pentes, Ainay-Ampère et La Guillotière sont déjà considérés comme des secteurs perdus tandis que d’autres quartiers sombrent à leur tour (Vaise, par pitié, tiens bon !) …

Comme à la Maison – rue Chevreul bien évidemment

Le cas de la rue Chevreul, dans le 7ème arrondissement, est même devenu un cas clinique. Autrefois surnommée la rue des kebabs elle n’est maintenant plus qu’une enfilade de jolis cafés et s’y promener sans percuter un hipster un latte à la main et un banana bread dans l’autre relève de l’exploit.

Nous nous sommes tant aimés

Tout avait pourtant bien commencé. Je me souviens avec émotion quand le Café Mokxa, l’un des premiers coffee shops (si ce n’est LE), a ouvert ses portes à Lyon. Quelle joie ! On avait enfin une alternative aux Starbucks pour acheter du café hors de prix. C’était beau, c’était bon, c’était cool… Et surtout ça permettait enfin à la vague hipster encore naissante d’avoir son lieu totem (bon Ok il y avait déjà les salons de tatouage, mais on se fait moins souvent tatouer qu’on avale un carrot cake…).

Et puis, les ouvertures se sont enchainées. Ça poussait de partout tel des bourgeons au printemps. Souvent monté par des ex-salariés au bord du burn-out, le coffee shop devenait à la fois refuge pour les urbains stressés et voie de salut pour les fatigués du monde du travail (et avouons-le, préparer des bons cafés s’avère un peu plus sexy et réaliste qu’élever des moutons dans le Larzac).

Au début en se réjouissait de ces ouvertures en cascade. Chaque nouveau lieu était comme un pin’s supplémentaire sur la carte de la coolitude de notre quotidien et positionnait davantage Lyon comme une ville branchée. On s’est vautré avec délectation dans des hectolitres de café équitable, des piscines de lemon curd et des tonnes de muffins sans gluten. Hélas, comme une grenouille qu’on ferait cuire très très lentement, quand on s’est rendu compte de ce qui nous arrivait, on était déjà ébouillantés !

Mais trop c’est trop

J’ai du mal à situer la date de cette prise de conscience. Est-ce quand le PMU où j’avais mes habitudes a été remplacé par un bar à cappuccino ? Ou bien quand un bar à chat végan (VEGAN !!!) a ouvert à trois pas de chez moi ? Toujours est-il qu’aujourd’hui la saturation est belle est bien là.

Accusé, levez-vous, voici ce que l’on vous reproche.

Mais c’est quoi cette déco ?

Alors, oui, OK, on est d’accord, un Coffee Shop se doit d’être confortable. Mais je ne pensais pas que le terme « confort » possédait un périmètre décoratif si limité au point que tous les établissements se ressemblent… La panoplie du parfait petit coffee shop contient des tables en bois clair esprit scandinave, quelques coussins, des plantes grasses de type Zamioculcas, une carte écrite à la craie sur un tableau noir, des affiches ou une tapisserie vintages, des bibelots à l’effigie d’animaux de la forêt tel le renard ou le hibou… Et puis bien sûr les incontournables ampoules à filaments (Mais qu’est-ce que vous avez avec les ampoules à filaments ? Sérieux ! Y’avait une promo chez Maison du Monde ou bien ?). N’essayez même pas de vous différencier avec des meubles en palette ou une fausse cheminée. Tout le monde le fait déjà !

La jolie déco du Diploid (Où est-ce un autre?)

Mais c’est quoi ces prix ?

4,5€ le cappuccino, 3€ le cookie, 5€ la part de gâteau… Ça va ? Tranquilou ? Y’a rien qui vous dérange là ? Ok, votre café a peut-être été récolté dans une région reculée et montagneuse du Honduras et torréfié par des nonnes aveugles, mais un expresso à plus de 2€ est-ce bien raisonnable dans un monde où la pauvreté est loin d’être éradiquée ? Avant l’invasion des coffee shops on prenait pour quatre heures un paquet de Prince et un Coca au Franprix du coin et ça nous coutait moins de 3€. Aujourd’hui tu peux même pas payer ton goûter en sans contact car ton chocolat chaud, ton jus pressé à froid et ton cookie aux baies de goji t’ont couté plus de 20€  !

Le chou aux figues à 6,50€ chez Signé Extrait

Mais c’est quoi ces horaires à la con ?

Dès la sortie des écoles, les coffee shops font le plein et il faut souvent franchir des forêts de poussettes pour s’installer à une table (s’il en reste une de libre). A l’heure des devoirs et du bain, les étudiants prennent le relais en se posant là pour réviser leurs cours, mais passé 19h c’est baissé de rideaux. Tchao ! plus rien…  Autrefois, les bistrots et PMU assuraient un peu l’animation jusqu’à l’heure du coucher, maintenant les quartiers envahis par les coffee shop sont morts dès la nuit tombée. Pas possible de manger ou de boire (ne serait ce qu’un Perrier) en soirée. Est-ce que quelqu’un à prévenu les Coffee Shops qu’avant 19h la plupart des vrais gens sont au boulot ?

Le super cheesecake au matcha du Lumen Coffee que je n’ai jamais pu gouter car ça ferme à 18h

Mais c’est quoi ce cheese cake ?

La similitude dans la déco évoquée plus haut se retrouve aussi dans l’assiette. Les Coffee Shops servent tous la même chose ! Déjà la moitié d’entre se fournissent en café chez Mokxa et en gâteaux chez Piece of Cake… Ensuite ceux qui ont le courage de préparer leurs gâteaux eux-mêmes semblent incapables de sortir de la Sainte Trinité Cheese Cake, Carrot Cake, Brownies… Quelques courageux torréfient leur café eux même, mais pourquoi faut-il que tout le monde dessine un coeur sur les cappuccinos (Bravo champion, tu sais dessiner sur la mousse de lait, mais on s’en fout ! ) ? Et puis tout ceci est beaucoup trop sucré et moi, le sucre, ça m’énerve !

 Café Mokxa ou Pog Café ?

STOP ou ENCORE

Lyonnaise, Lyonnais, réveillons-nous ! A-t-on vraiment envie d’une vie faite de café trop doux, de sucre à tous les étages et de soirées qui se finissent à 20h ?

Voilà le sujet est lâché sur la table comme un cheveu sur un caramel macchiatto. Chez CityCrunch, on dit STOP à l’invasion des Coffee Shop et OUI à la survie des PMU.

A toi de choisir ton camp dans les commentaires en criant :

COFFEE SHOP si tu veux encore plus de Chai Latte

ou

PMU si tu veux pouvoir encore boire tranquille ton ballon de rouge