le problème avec les brunchs

Après avoir abordé les épineuses questions des coffee shops et des ventes de plantes, il est grand temps de s’attaquer à un autre fléau de notre temps : les brunchs !

Aux temps anciens, le dimanche était une journée dédiée à l’ennui. La messe et les repas de famille (rejoints plus tard par Michel Drucker) se disputaient les faveurs de notre léthargie.

Mais tout ça a fini par voler en éclat avec l’apparition des brunchs, concept génial mais fourbe comme toute chose venue d’outre-atlantique.

Soyons honnêtes, nous avons, nous aussi, été séduits par le brunch. Les oeufs bacons avaient plus de saveur que les hosties et les grandes tablées de potes faisaient office de famille de substitution (la vraie étant trop loin pour qu’on lui rende visite tous les week-ends).

Aujourd’hui pourtant nous dénonçons ce phénomène qui pervertit nos dimanches et nous plonge dans une certaine aliénation consentie.

Certes nous ne sommes pas les premiers à nous insurger. Il y a quelques années, Julian Casablancas, leader de The Strokes, nous alertait déjà des méfaits du brunch sur nos modes de vie. Mais nous estimons qu’en tant que grand prescripteur des tendances urbaines, il est de notre devoir de nous dresser à notre tour contre cette infamie.

Faites entre l’accusé…

Déjà, c’est quoi ces horaires ?

le problème avec les brunchs

« Brunch » est la fusion de 2 mots très cool : le petit déjeuner (Breakfast en anglais) et le déjeuner (lunch en anglais toujours). Techniquement, si on s’en tient aux us et coutumes de la population française, le brunch devrait donc démarrer entre 10h et 11h. Mais ça, c’était sans compter la fourberie du concept qui place le début du brunch à midi, soit à l’heure du déjeuner (mais de qui se moque-t-on ?!). Du coup, sauf à être un pilier de volonté, tu craques avant l’heure et tu t’enfiles un petit déj à 10h30. Midi venu, quand arrive l’heure du brunch, tu n’as plus vraiment faim mais t’es obligé de te taper la formule à 30€ parce que c’est pas autorisé de prendre que la moitié.

Non content de commencer tard, le brunch finit tôt. Donc dans le cas de figure (très rare, vous nous connaissez) où tu as fini ta soirée à 5h du mat à danser au Boston et que tu te lèves à 14h et bien tu l’as dans l’os. Rares sont les brunchs qui servent après 15h. Dans le cul Lulu, pourrait-on dire si on était fan de poésie (mais on ne l’est pas alors on ne le dira pas).

Prendre un brunch c’est comme essayer de passer le fil dans le chas de l’aiguille. Il faut viser juste et donc avoir les idées parfaitement au clair. Un dimanche matin. Lendemain de samedi soir. Mouais…

Mais c’est quoi ces prix ?

Alors oui, dans une ville où plus personne ne s’offusque de payer 18€ pour un burger, lâcher 30€ pour des oeufs brouillés, une tranche de melon et une salade de quinoa accompagnés d’un jus d’orange tiède ne choquera personne. Mais quand même, on parle d’un brunch, c’est à dire la plupart du temps des trucs qui demandent peu de préparation (pancake, quiche et autre oeuf mimosa…).

Certes parfois, c’est à volonté, mais pour rappel, on a craqué à 10h30, on va pas se gaver !

Mais c’est quoi ce truc de gens organisés ?

Vous pensiez pouvoir vous lever tranquillement un dimanche matin, vous étirer doucement et tendre un regard amoureux vers votre cher et tendre (ou votre coup d’un soir) et lui dire « Et si on se faisait un brunch ? » Grossière erreur ! Un brunch c’est un truc qui s’organise longtemps à l’avance. Ben oui vu le succès de phénomène il faut réserver, sinon n’espèrez pas avoir une table (sauf si vous pouvez vous contenter des mac morning au Mac Do, mais alors bonjour l’angoisse !). Bref, le brunch c’est un truc de gens qui savent planifier. Le genre de personnes qui payent leur loyer à temps, qui n’oublient pas les anniversaires et qui n’ont jamais de chaussettes dépareillées dans leurs tiroirs. Bruncher nécessite une organisation militaire. Il faut d’abord trouver l’endroit, faire le tour des potes pour savoir qui viendra, appeler pour réserver, rappeller parce que finalement Emma ne va pas à son cours de Yoga en pleine conscience et peut se joindre au groupe, prévenir tout le monde que tout est ok… Au secours !

Mais c’est quoi ces gamins ?

Bon. Je suis désolé d’aborder ce sujet. Mais il le faut. Je sais bien que pour beaucoup de parents, le brunch est la seule occasion de sortir un peu de chez eux. Vous pouvez y emmener vos enfants, boire quelques verres de vin sans passer pour des alcoolos qui trainent leur progéniture au bar. Mais par pitié, je vous rappelle que nombre d’entre nous avons fini notre soirée au Boston et nous avons mal au crâne. Notre tolérance aux jérémiades et aux cris impromptus est proche de zéro. Ne nous poussez pas à être insultants en vers des enfants de moins de 5 ans…

Voilà, je crois que je me suis assez épanché sur le sujet. En résumé notre constat est simple : le brunch n’est qu’une vaste supercherie. Revenons à des choses plus simples comme de basiques déjeuner au resto ou des blanquettes de veau (ou de tofu pour les végétariens) entre amis à la maison.

Au fait, on a des nouvelles de Michel Drucker ?

22 commentaires

  1. Je suis d accord le brunch c est un faux truc…un peu snob…mais bon ça fait chic ….
    Moi je me lève chaque jour vers 6 h dimanche compris…!!! Je déjeune vers 6h 30…et a midi…bof…le brunch. Pourquoi pas mais. Je préfère un repas normal…
    Bon chacun son truc.jo

  2. Plutôt d’accord , moi j’ai envie de bruncher au pied levé a 11h, et c’est toujours pareil, ‘ah bah on est complet, mais dimanche prochain si vous voulez ……(?!)’, ‘fallait réserver la veille’…. Du coup on brunch pas

  3. Nan mais c’est quoi cet article ?? Ça en de plus en plus gênant au fil de la lecture ! ^^’
    Je n’ai jamais planifié un brunch a Lyon, pour ma part, sachant qu’il est hautement improbable que je sois réveillé avant 11h (donc brunch vers 13-14h le temps de se lever quoi). Le + cher m’a coûté 24€ de mémoire. Et enfin, le Boston comme référence pour se coucher à 5h du mat’ au secours !

    Sinon faites comme moi. Petit salon jusque 5h, brunch passage Thiaffait, rue Chevreul ou aux Les déjeuneurs – selon mon heure de sortie du lit. Garanti – de 30€ et sans enfants qui braillent 😉

    1. L’idée de l’article était de faire sourire pas de gêner 🙂
      Personne ne crois que l’équipe de CityCrunch finit ses virées au Boston ni même n’a jamais réussi à se faire un brunch à l’improviste…

  4. Bien vrai cet article, de toute façon il faut le reconnaître, que ce soit pour les brunchs ou pour un simple resto, Lyon a tellement peu d’offre de qualité par rapport à la demande qu’il faut impérativement réserver, la veille si ce n’est pas plusieurs jours en avance! Donc moi aussi, j’ai arrêté de faire des brunchs par flemme de tout prévoir. Par contre je connais de nombreux brunchs à 25€ environ à Lyon, sachant qu’à Paris les brunchs coûtent effectivement un bras (30 à 40€) et qu’en comparaison Lyon reste nettement moins cher.

      1. Bonjour,

        moins de 30€ pour un bruch, heureusement! Comme vous le dite si bien vous-même, un bruch c’est: « des trucs qui demandent peu de préparation ».

        Même à 25€, ça pique déjà assez. Faut arrêter avec ces prix prohibitifs!

        Cdt!

  5. Si les enfants vous emmerde, vous pouvez aller faire un brunch dans un truc de gogo, ou au mcdo
    Ce paragraphe est tellement hors sujet
    Si vous croyez qu’aller dans un quelconque endroit avec des enfants est une partie de plaisir pour les parents, soit vous êtes de jeunes boutonneux sans enfant, soit vous êtes bête

    1. Je suis bien d’accord malheureusement avec l’article. On avait pas brunché depuis longtemps et avec ma copine on y est allé dimanche dernier. La dernière fois c’était dans les pentes, à l’improviste, sans problème, il y a un an. Cette fois-ci, on a furté un peu sur Google Maps, on s’est décidé pour le Diploïd, on est arrivé à 13h.

      – Vous n’avez pas de réservation ?
      – Non
      – Désolé on est complet. Ah non si attendez il nous reste deux places mais le service commencera à 13h30, si vous voulez installez-vous avec un café.
      – Bon bah ok
      – Vous êtes déjà venus ?
      – Non.
      – Je vais vous expliquez le concept
      – Ah…

      et alors là, entre ce qui est gratuit et à volonté, le salé qu’est plus dispo mais qu’est dispo quand même, le verre de jus qu’est limité à un verre mais il est grand, le on vous servira dans cet ordre, etc… J’ai halluciné comment le truc est codifié à mort, millimétré, start-upisé, c’est du lean management de brunch.

      Donc on patiente, avec notre café à volonté pas très bon, pendant une demie-heure et peu à peu le resto se vide et ils continuent en permanence à refuser les inconscients qui viennent la fleur au fusil, alors que la salle est vide (j’en ai compté au moins 25 des recalés de la dernière heure).

      A 13h30 sortant de nulle part, un petite dizaine de groupe (organisés, ils avaient penser à réserver, eux…) arrivent et prennent place non sans confusion, les places sont déjà rigoureusement distribuées dans le logiciel de lean brunch, apparemment.

      En terrasse on s’entasse côte côte sur des tables trop petites et ceux du bout sautent la rambarde pour pouvoir aller pisser. Le lean brunch ça se calcule au CA/m², comme dans les supermarchés, apparemment.

      On est servi dans les premiers, mais pas tout en même temps, comme un menu de brasserie , les plats sucré, jus, salé, les uns après les autres. Les temps d’attente entre chaque plat, 15 minutes en moyenne, tout le monde rumine ou râle un peu autour de nous. Moi je croyais que le brunch c’était tout mélangé et on mange dans l’ordre que l’on veut comme on veut, on va se servir soi-même, à volonté. Bah non terminé les conneries, maintenant c’est tout bien carré, arrangé, planifié, réservé, mesuré, markété !!

      Bref après avoir payé 46 EUR pour deux, ouais, 46 EUR, sans avoir pu utilisé nos tickets restaurants (« ils prennent une grosse commission, c’est pas rentable pour nous » veridique) on s’en va un peu désabusé d’avoir été pris pour des couillons par le lean brunch management.

      Ce qui m’a aussi fait flippé c’est l’homogénéité sociale de ce lieu, désolé si je choque en faisant cette description mais ça m’a vraiment interpellé ; blancs, jeunes, sveltes, apprêtés, coquets, connectés. Une story Instagram.

      Voilà, la prochaine fois, j’irais chez le boulanger, je ferai quelques pancakes, un reste de hummus, des œufs au plats, ma petite confiture, ma petite musique, ma petite copine et ce sera tout aussi bien.

      La bise

      1. Bonjour Pierre,

        votre roman sur votre dernière expérience brunch m’a bien fait marrer (non je ne moque pas, j’ai vraiment bien rigolé!), mais pas de vous, de la réalité des faits, soyons clair!

        Concernant le dernier point abordé: la story Instagram, vous donnez vous-même la réponse au « problème »: 46€ pour deux personnes!

        Même le soir, en cherchant un peu, on trouve d’excellents restaurants et on a le menu complet à ce prix!

        Cdt!

  6. J’aiiiiime! Merciiii… Meme si on adore tous les Desjeuneurs ou on peut bruncher nimporte quand!

    Quand aux enfants le dimanche, pour avoir tenu un resto qui faisait des brunch ( complet 3 jours avant ) c’est carrement insuportable! Et d’autres parents sont unanimes avec la question c’est pourquoi il se font un bon poulet en famille au lieu de casser la tête des hipster qui decuvent! ahaha

  7. Je valide à 100% et franchement l’article m’a semblé drôle, à peine caricatural. C’est effectivement comme ça que ça se passe. Le brunch c’est une contrainte de plus un jour où justement on a besoin de la jouer cool.
    Le seul mérite de cette tendance c’est que ça casse la routine franco franchouille de la grasse mat’ du dimanche matin, avec café/croissant/jus d’orange (au lit pour les plus téméraires), ça permet d’essayer des trucs un peu fun en cuisine, et le mieux ça reste encore d’organiser ça en famille ou entre amis (bon OK faut aussi avoir le frigo plein, et se taper le rangement après).

  8. Le problème du point de vue des cuisiniers est que ça rajoute beaucoup de travail car Ce sont pour la plupart des produits qu’il n’y a pas au menu le reste de la semaine.
    Le gâchis: par exemple tout le buffet qui est rester dehors pendant trois heures finit à la poubelle il est devenu inutilisable C’est pour ça aussi que C’est si cher

  9. Après avoir vécu deux ans à Berlin je suis devenue une adepte des brunchs !! Mais voilà la déception en revenant à Lyon … Le brunch bobo à plus de 20€ non merci ! Dans la capitale allemande on trouve de super brunchs à volonté, cuisine faite sur place, à 10€ (boissons en sus on s’en sort pour une quinzaine d’euros, le ventre plein et la banane sur la figure !) Alors oui le coût de la vie est plus chère en France mais là c’est tout un concept qui serait à revoir …

    1. Il faut comparer ce qui est comparable. A Berlin où le prix des loyer commerciaux sont très bas et où la plupart des gens qui bossent en cuisine sont payés au black et sans salaire minimum, il est normal que les prix des restaurants et cafés soient beaucoup plus bas qu’en France.

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